Le rêve
J'ai fait un rêve.
C'était merveilleux. Tout était lumineux et grand. Le monde autour de moi était infini, composé de grandes prairies vertes et de ruisseaux qui se déversaient le long de collines fleuries et verdoyantes dans un Rhône plein de poissons.
Tout était paisible. Pas de pollution dans la vallée. L'air était presque trop respirable. J'avais de la peine à remplir mes poumons tant ils ne sont pas habitués à y faire entrer de l'air pur. Plus je me nourrissais de cette air, plus je prenais conscience que ce n'était pas possible et qu'un lieu pareil ne pouvait exister.
C'était paisible et en même temps bizarre car il y avait une anomalie : le Rhône coulait dans l'autre sens.
Et là je me rendis compte de l'irréel ; le Rhône remonte à son origine, c'est pour ça que tout est comme il est. C'est comme un retour en arrière. Un bond dans la nuit des temps. Où tout coulait de source et où il était facile de vivre.
Personne à ce moment là n'est en concurrence, n'est l'un contre l'autre.
A ce moment là il y a du travail pour tout le monde, pas besoin d'avoir une caisse de chômage, car sans concurrence il n'y a pas de destruction d'emploi.
Et à ce moment là, il y a de l'entraide sans compter, sans jalousie. Les habitants ont tout le temps pour se parler et se raconter des histoires de leurs ancêtres qui relatent que ce monde merveilleux a toujours existé et qu'il continuera à exister.
Et à ce moment là il n'y a pas non plus de maladie car les gens ont le temps de s'occuper d'eux même. Ils peuvent s'écouter dans le profond de leur coeur et ressentir ce qu'ils disent et faire ce qu'ils pensent sans se heurter à l'insensibilité des contemporains et être traité d'anormale.
Et à ce moment là il n'y a pas besoin de l'armée pour nous protéger car le mot guerre n'existe pas et les hommes se battent pour être les meilleurs dans la connaissance de soi, de la spiritualité et de la connaissance de l'autre. On se rappelle et on ressent que l'autre est meilleur que nous et nous sommes contents qu'il puisse nous faire part de ses connaissances et lui sommes reconnaissant que ce partage fasse avancer l'Humanité tout entière dans le domaine de la spiritualité.
Et à ce moment là les industries sont vouées à la production de biens qui sont durables et qui résistent à l'âge et ne doivent pas être remplacés durant toute la vie de la personne.
Et à ce moment là les mots comme abruti et con, ou imbécile ne sont pas dans le dictionnaire car on respecte le mode de vie et de penser de l'autre et on conçoit qu'une personne évolue différemment. On accepte alors que l'autre puisse le faire car c'est une chance pour toute l'Humanité qu'il soit ainsi.
Et à ce moment là le travail physiquement le plus pénible est le plus reconnu. Et celui qui a une charge de responsabilité est à ce poste non pas pour ses capacités de voleur et de grand parolier, mais pour ses grandes capacités d'humilité, conscient de son rôle à faire évoluer la société.
A ce moment là les mots vitesse, stress, souci, n'existent pas. Ils ne sont pas encore inventés par l'homme. Car tout le monde sait que le temps n'existe pas. Il n'a pas encore été inventé.
Et à ce moment là les Hommes n'ont pas besoin de démontrer leur puissance en écrasant l'autre et la nature. Celui qui a conscience de sa puissance se met à disposition de l'autre. Celui qui est le plus fort le sait et utilise sa force pour aider.
Et je me demande si ce monde est seulement un rêve, ou si c'est un monde parallèle au notre. Il est dans un'autre dimension. Comme ils existent des particules jumelles il se peut qu'il existe un monde jumeau mais contraire au notre.
Et je me demande si ce mode de fonctionnement actuel est vraiment nécessaire à notre développement. Ou alors si l'on peut faire autrement et être mieux.
Car comme disait Konrad Lorenz : « J'ai trouvé le chaînon manquant entre le singe et l'Homme : c'est nous ! »
Je me suis réveillé conscient de tout ça et plein d'espoir que ce monde existe quelque part en nous. Il suffit de nous rappeler .......
